
Je ne suis qu’une statistique de plus, abîmée en mer
de solitude, noyée dans l’écume d’une salive amer.
Les sourires m’attristent, tout comme le monde m’indiffère.
On ne m’invite pas, ne m’appelle pas, mon avis… On s’en
bat les deux d’en bas ! Cloîtré chez moi sans rémission,
le monde n’existe qu’à travers ma télé,
ma seule rédemption. Presque onirique, largué comme le dernier
des Mohican chez les Inuites en Alaska à s’immoler d’une
balle dans la tête en public qu’on ne le remarquerait pas.
Austère comme la nature devant la survie, comme condamné dès
le fœtus dans la matrice à un futur fielleux presque né devant
le précipice. Dès lors, le vide m’atterre au point que
je m’endors au sommet d’une falaise ; avec la peur de tomber
du coté du malaise. L’ennui est impassible dès le prélude,
la conscience maculée de regret, j’aurai voulu plus qu’il
n’y paraît.
Rien qu’un cercle d’amis sincères, partager avec les gens
qui me sont chers, pourquoi n’ai-je pas su me l’offrir ? J’aurai
voulu pouvoir compter sur les autres, être à l’écoute
et qu’on m’écoute mais quelle sont les unités d’un
tout ; qui font ce que nous sommes et rende existentiel un simple moi comme
un atout ?
Si l’enfer c’est les autres, alors nous sommes en enfer et que
faire d’autre que se brûler les uns, les autres. Brutale : comme
la réalité est unanime, la fuite est humaine et la réalité on
l’a fuit. On se réfugie dans son monde ; y a que là qu’on
s’aime, afin d’être seul ; y a que là qu’on
se comprenne et pour certains, c’est seul qu’il se retrouve face
au monde. Le destin des gênes : espiègle image d’un mimétisme
en règle. A en vouloir au voisin, ne serait-ce que par habitude. On
se jalouse les uns, les autres parce que le réalisme féconde
les stigmates de la solitude : bon à rien aux névroses ludiques, à l’alcoolisme
pathétique, la drogue, la clope et la canne sont de mise pour des
cérémoniales de choix dans lesquelles on me caractérise.
Le moralisme asservit le fanatisme des formats, qui voudrait de moi ? Même
pas la mort en personne et pourtant, j’attends qu’elle m’emmène
dans l’éternel somme, car, dès le réveil, je languis à gober
des mouches jusqu’à ce que midi sonne, afin que les drames aux
nouvelles me réconfortent et combien même, en d’infimes
escarmouches.